Source cet article – Edition Vers l’Avenir

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«C’est l’explosion des migrants en Europe»«On va être envahi de criminels et de terroristes»«L’Europe est une passoire»«Ils ruinent nos finances publiques»«Ils profitent de nos allocations et du travail»… Le disque tourne indéfiniment: ces préjugés traversent les esprits, même ceux des étudiants de l’institut Saint-Charles de Dottignies. C’est la raison pour laquelle l’établissement a décidé de l’aborder, de long en large, durant cette année scolaire. «Comme les questions ont été abordées en religion et en sciences humaines, l’idée d’une expo pour démonter les préjugés est venue, en y associant d’autres matières telles que le dessin, l’expression orale ou encore la géographie. Cela a permis d’étudier certaines matières parfois lourdes de manière plus concrète, avec l’impact humain» détaille l’un des dix professeurs impliqués, Valérie Mestdagh. Le projet de l’exposition ayant été financé par Annoncer la couleur qui soutient les initiatives d’éducation à la citoyenneté à hauteur de 3 000€, les jeunes ont pu mener plus qu’à bien ce qu’ils souhaitaient exprimer.

Passeport de migrant à l’entrée

Après avoir été proposée au sein de l’école, à Pâques, l’exposition est aujourd’hui visible à la Grand-Place, pour les particuliers, ce matin, et pour les écoles, cet après-midi. Elle a pu l’être avec l’appui et l’implication du réseau associatif et citoyen Mouscron Terre d’Accueil. «Chaque visiteur reçoit un passeport à l’entrée – il ne sait qu’à la fin de la visite s’il a réussi la traversée, s’il a été bloqué à une frontière, s’il est mort noyé… Une vidéo sur la cause migratoire est d’abord projetée avant d’entrer dans ce qui pourrait être une maison de migrants. Elle est aménagée dans ce qui fut le secrétariat du bourgmestre.» Plusieurs objets y sont disséminés. «Lorsqu’une alarme retentit, il faut choisir cinq objets avant de fuir sur un bateau construit dans le bureau du bourgmestre. Ils sont alors accueillis par des passeurs.» Parmi les objets à prendre, il y a l’argent, les papiers d’identité et le GSM. «Lorsqu’il faut partir dans l’urgence, cela devient difficile de penser de façon cohérente. Quand on dit «Tous les réfugiés ont un GSM!», c’est parce que c’est l’un des éléments importants pour rester en contact. Cela devient une évidence qui le serait aussi, si on devait fuir. Après, il faut penser à prendre d’autres valeurs pour les revendre afin de financer la traversée en bateau qui est de 1 500€ mais aussi pour se payer un gilet de sauvetage par exemple…»

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Que vous soyez pour ou contre les migrants, l’expérience mérite le déplacement, pour avoir conscience de la réalité. «Nous savons que nous n’allons pas changer la face du monde. Notre objectif est de présenter des faits, de proposer la vérité. Cela permettra aussi à certains d’avoir un argumentaire.» Des explications sont fournies dans le hall et complétées par la présentation de Belges qui ont aussi été migrants, heureux d’être accueillis en d’autres terres en leur temps… «C’est souvent important de recevoir une piqûre de rappel sur sa propre histoire» conclut notre interlocutrice heureuse de ce projet interclasses mené en commun, d’octobre à mars, par les 2e et 3e degrés.

Dans le hall de l’hôtel de ville, de 9 à 12 h, pour le grand public, et de 13 à 16 h pour les écoles.

«4 minutes dans les yeux d’un réfugié, au-delà des frontières» à voir via

www.lavenir.net/danslesyeux